Les nouvelles d'E. A. Poe
Vendredi 16 novembre à 19h00
Antonio Muñoz Molina
Mercredi 7 novembre à 17h00
Bienvenue à la librairie Galerie Histoire de L'Oeil
Maylis de Kerangal
vendredi 19 octobre à 19h00
Emmanuelle Bayamack-Tam
samedi 13 octobre à 12h00
Mr Toussaint Louverture
vendredi 12 octobre à 19h00
Robin Decourcy
du 12 au 28 octobre
actOral.18
du 25 septembre au 13 octobre
Raphaële Frier
samedi 6 octobre à 19h00
Thomas Giraud
vendredi 5 octobre à 18h00

Actualités, rencontres, événements

Histoire de l'œil,

Librairie à Marseille

vous propose

Rencontre

Antonio Muñoz Molina

Mercedi 7 novembre à 17h00

BMVR Alcazar

Cette rencontre aura lieu dans le grand auditorium de la bibliothèque de l'Alcazar, et est organisée en partenariat avec Horizontes del Sur.

Né en 1956 à Úbeda (Espagne), Antonio Muñoz Molina, auteur d’une œuvre considérable, se présente tout à la fois comme un chroniqueur attentif à son époque et un passionné de culture. Son œuvre romanesque semble osciller entre deux pôles : d'une part une fiction clairement alimentée par le cinéma américain, les romans policiers et les romans d'espionnage et d'autre part un récit plus intime aux confins de l'autobiographie. L'Hiver à Lisbonne et Beltenebros nous offrent des exemples de romans qui, empruntant certains ressorts à l'intrigue policière, introduisent le lecteur dans l'univers poétique du jazz ou celui, envoûtant, du cinéma. Le Royaume des voix , roman aux accents proustiens, marque un tournant dans l'écriture d'Antonio Muñoz Molina qui puise dans des souvenirs plus personnels et jongle avec les espaces et les temps. La veine intimiste de l'écrivain s'affirme dans Une ardeur guerrière).

À travers sa voix, d'autres voix s'élèvent, tissant autour des exilés, des malades et des exclus, la trame de cette œuvre polyphonique qu'est Séfarade. Fenêtres de Manhattan se présente comme autant de fenêtres qui s'ouvrent poétiquement sur les souvenirs de l'auteur (qui vécut une quinzaine d'années aux USA) mêlés à des réminiscences culturelles.

http://ref.lamartinieregroupe.com/media/9782021025347/hd/102534_couverture_Hres_0.jpg

Sous sa plume, on voit resurgir des thèmes qui confèrent à son œuvre un aspect cyclique. Ainsi, Le Vent de la lune, s’ancre dans l’espace mythique de Mágina qui servit de cadre à ses romans antérieurs, notamment Beatus Ille. Son intérêt pour l’histoire d’Espagne et pour la thématique de l’exil inspire Dans la grande nuit des temps, roman colossal centré sur le personnage imaginaire d’Ignacio Abel, un grand architecte espagnol de conviction républicaine, fuyant sa vie étriquée et une Espagne déchirée par les premiers soubresauts de la guerre civile pour se rendre aux États-Unis.

En 2017, dans Comme l’ombre qui s’en va (dernier livre traduit), Antonio Muñoz Molina suit les traces de l’assassin de Martin Luther King, James Earl Ray. Lisbonne, où le meurtrier a pris la fuite, devient un carrefour de temporalités : celle du présent du narrateur en visite chez son fils ; celle de 1987, date de son premier voyage dans cette ville qui lui inspira le roman El invierno en Lisboa ; mais aussi 1968, l’année de l’assassinat de Martin Luther King.

http://ref.lamartinieregroupe.com/media/9782021242676/grande/124267_couverture_Hres_0.jpg

L'ensemble de l'oeuvre d'Antonio Muñoz Molina est publié en français d'abord aux éditions Actes Sud puis aujourd'hui aux éditions du Seuil.

Rencontre

Christian Garcin & Thierry Gillyboeuf

Nouvelles intégrales d'Edgar Allan Poe

Vendredi 16 novembre à 19h00

Ce premier tome de l'Intégrale publié cet automne aus éditions Phébus regroupe les nouvelles qu’Edgar Allan Poe (1809-1849) écrivit avant ses trente ans.

Luttant pour survivre et être publié, faisant ses débuts de critique et de journaliste, il commet plusieurs chefs-d’œuvre : le « Manuscrit trouvé dans une bouteille », « Bérénice », « Le diable dans le beffroi », « L’histoire à nulle autre pareille d’un certain Hans Pfaal », et bien sûr « William Wilson » ou la très célèbre « Chute de la Maison Usher ».

Présentée de manière chronologique, fruit d’un travail érudit et passionné, cette nouvelle traduction des nouvelles intégrales d’Edgar Allan Poe par Christian Garcin et Thierry Gillyboeuf est augmentée de nombreuses notes, d’une préface des traducteurs, ainsi que d’une série d’illustrations originales réalisées par Sophie Potié.

https://images-na.ssl-images-amazon.com/images/I/91yBqdWj0bL.jpg

Pourquoi traduire Edgar Allan Poe en 2018 ? Car, même si la précédente traduction date de 1848, elle est signée de Charles Baudelaire. Et elle fait pour le moins autorité. Mais toute canonique et aussi bonne soit elle, une traduction mérite toujours d'être révisée, car certaines références ont changé, car la langue a changé et car, toujours, même avec Baudelaire, quelques erreurs sont commises.

Avec Christian Garcin et Thierry Gillyboeuf, les auteurs de cette nouvelle traduction, nous reviendrons, à travers la biographie de Poe, à travers l'histoire de ces nouvelles, à travers les textes mêmes, sur les motivations de cette nouvelle très belle publication. Et puis nous nous permettrons d'aller dans le détail. Version originale, version baudelairienne, version 2018, nous comparerons et ferons ensemble l'exercice. Une sorte de battle de traduction, Baudelaire Vs Garcin-Gillyboeuf : le match du siècle arbitré par Edgar Allan Poe lui-même.

http://quinlan.it/upload/images/2016/06/la-caduta-della-casa-usher-1928-la-chute-de-la-maison-usher-jean-epstein-04.jpg

Coups de cœur

Visions Of Warhol - (DVD)
Visions Of Warhol
(DVD)
Re:Voir

Des scènes de la vie d’Andy Warhol, vues par trois cinéastes, pionniers de l’avant-garde et amis proches de l’artiste pop.
Jonas Mekas, la force irrépressible derrière la promotion et la conservation du film expérimental, est également connu pour ses rapides journaux filmés. Dans Award Presentation, Warhol reçoit le prix Film Culture du cinéma indépendant. Ses Scenes from the Life enregistrent non seulement Andy Warhol, mais aussi l'excitation sociale et culturelle qui tourbillonnait autour de lui, palpitant aux rythmes hypnotiques du Velvet Underground.
Willard Maas était le mari de la cinéaste, peintre et actrice Marie Menken. Ensemble, ils étaient, pour Warhol, « les derniers grands bohémiens ». Leurs films ont en commun une légèreté lyrique et un amour pour des rythmes visuels forts.

Isabelle Huppert, vivre ne nous regarde pas - Murielle Joudet
Isabelle Huppert, vivre ne nous regarde pas
Murielle Joudet
Capricci

C’est l’histoire d’une actrice qui a toujours témoigné d’un goût prononcé pour le désastre et la catastrophe. Pour les héroïnes qu’elle incarne, cette catastrophe emprunte plusieurs noms : mari, enfant, France, amour, famille, réalité. Leurs moyens d’y répondre s’appellent masochisme, rêve, travail, perversion, poison, sévérité, humour, absence, folie. Violette Nozière, Madame Bovary, La Pianiste ou encore Elle : à travers ses plus grands rôles, Isabelle Huppert n’a cessé de livrer une bataille fictionnelle aux versions étriquées de la vie et de la féminité pour leur préférer la quête d’un idéal impossible, l’élan tragique et une forme salvatrice de monstruosité. À l’image d’un bonheur trop conventionnel, elle a toujours su opposer ce que l’on a appelé sa « plénitude malheureuse ».

Un Jardin de sable - Earl Thompson
Un Jardin de sable
Earl Thompson
Monsieur Toussaint Louverture

Il fallait bien une histoire de cette force, visiblement en partie celle d’Earl Thompson lui-même, pour évoquer ce que furent les USA de ces années-là. Et il fallait nécessairement une galerie de personnages excellents pour entourer les quinze premières années de Jack MacDeramid, et pour amener le livre à autant de violence et de beauté en même temps.
Ce jardin de sable est assurément un roman d’initiation : dépossédés de leur ferme, les grands parents du petits Jackie vont tant bien que mal tenter de le faire grandir. Un grand père à la dent très dure envers la politique de Roosevelt devant laquelle il n’a pas voulu se coucher et une grand-mère très pieuse mais dure à cuire à sa manière seront ses premiers référents. Trimbalés de logements en logements, toujours plus petits, bercés par les discours politique de comptoir, néanmoins saisissant de bon sens, et les ambiances de diverses cantines, hôtels ou autres petits boulots que ses « anciens » écumeront pour subvenir aux besoins primaires, le petit se construira une personnalité et une obsession, celle de la découverte du sexe opposé, et conjointement celle de vivre enfin des années heureuses et riches avec sa mère, trop rarement de passage.
Cet espoir semble enfin se concrétiser lorsqu’elle décide à l’emmener avec elle : quitter cet ennuyeux Kansas pour les états du sud, où une situation, promise par le nouvel époux les attends. Mais il n’y trouvera qu’un beau père aussi alcoolique que roublard, que succession d’arnaques et de fuites, que frustration finalement. Au milieux de tout ça, Jackie se débrouille et expérimente, au fur et à mesure que son obsession initiale grandit.
Earl Thompson fait de cette histoire un grand livre. Parce qu’il sait jongler d’un registre à l’autre. Entre les pages où il saisit parfaitement le langage populaire du milieu où il nous fait évoluer et celles où il sait faire ressortir toute une sorte de poésie des choses. Entre des moments d’une drôlerie parfaite et ceux d’une violence inouïe. Il arrive enfin à trouver son équilibre sur ce fil lorsqu’il sait être très dérangeant, notamment en étant parfois sensuel là où on ne l’entendrait pas, sans jamais véritablement risquer de tomber.
Grâce à tout cela, grâce à ce grand livre tiré de cette histoire, il réussit en définitive, à faire d’un décors (les USA lors de la grande dépression, ce que cette période, cette politique en particulier, a fait subir aux gens les plus vulnérables, ce qu’elle a réussit à les faire devenir) le principal personnage. Par le fait qu’il ait formidablement réussi à en dessiner les atours, il fait de ce livre un livre colossal.

Cette putain si distinguée - Juan Marsé
Cette putain si distinguée
Juan Marsé
Christian Bourgois

Il n’est jamais trop tard pour découvrir Juan Marsé car c’est probablement une des plus belles plumes de langue espagnole aujourd’hui. Pour notre part, c’est cette année que cela se passe avec Cette putain si distinguée et cela donne immédiatement envie de se plonger dans les quelques 15 romans précédents.
Ce roman est un meuble à tiroirs qui parfois communiquent entre eux. Le romancier, possible Juan Marsé lui-même, campe le décors dans une vraie-fausse interview, piquant incipit. Il s’agira pour lui de travailler pour une production cinématographique à l’écriture d’un scénario retraçant l’histoire du meurtre par un projectionniste, d’une prostituée, dans la cabine d’un cinéma de quartier. Le coupable est bien connu car ses aveux ont été signés. Seul problème, irrésolu encore aujourd’hui, bien des années après sa libération, il ne se souvient pas du moindre détail l’ayant amené à un tel geste. Curieuse histoire donc, qui va meler les codes du polar et ceux de l’Histoire puisque gravitent autour d’eux quelques personnages de la résistance au franquisme naissant.
Peu convaincu par ce projet de film, dont les contours et l’intérêt lui semblent bien flous, l’auteur va parallèlement continuer d’écrire pour lui même et nous convier ainsi à sa profonde réflexion sur l’essence du langage.
Mais c’est bel et bien globalement de mémoire dont il s’agit. Quand ce meurtrier qui se présente à lui connaît toujours autant de difficultés à se remémorer ces événements, c’est également l’Espagne post-franquiste qui est évoquée, celle-là même dont la mémoire est volontairement partielle, guidée par ce désir d’oublier et d’avancer.
Juan Marsé est magistral dans sa faculté à imbriquer les différentes époques et les différents niveaux de lecture pour mieux nous donner à entendre ce qu’il n’écrit pas directement, pour nous parler d’écrire, de voir et à faire avec Cette putain si distinguée qu’est la mémoire.

Tous nos coups de cœur

L'Histoire de l'œil est spécialisée
dans les formes contemporaines

Infos pratiques

Horaires

du mardi au samedi
de 10h à 19h

Galerie

www.galerieho.com

Café / Wifi

Coordonnées

Histoire de l'oeil
25, rue Fontange
13006 Marseille
04 91 48 29 92
contact[at]histoiredeloeil[dot]com