Marie Redonnet
Samedi 20 janvier à 18h00
Bonne année 2018 !
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Poiraudeau / Plamondon
Vendredi 19 janvier à 19h00

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Rencontre - Lectures

Churchill, Manitoba / Taqawan

Anthony Poiraudeau / Eric Plamondon

Vendredi 19 janvier à 19h00

Pourquoi rassembler ces deux auteurs qui a priori ne se sont jamais rencontré ? Parce que dans leur dernier livre, ils se déplacent tous deux dans le nord canadien. Parce que chacun à sa manière y évoque notamment le destin des indiens. Parce que tous deux écrivent avec comme bagage des auteurs que nous admirons. Et, en fait, tout simplement parce que nous les aimons beaucoup tous les deux et que nous avons adoré Churchill, Manitoba et Taqawan.

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La petite ville de Churchill, au Manitoba, sur la rive occidentale de la baie d’Hudson, a été pour lui pendant des années un support, un refuge mental, une obsession. L’incarnation d’un rêve de fuite. Parti dans une quête dont le sens a fini par s’étioler avec le temps, embarqué dans une exploration intérieure vouée d’avance à l’échec, plongé dans la tristesse du bout du monde, Anthony Poiraudeau raconte ce voyage. Il observe et dit le voisinage entre ces deux états du lieu, imaginaire et vécu, ce lieu d’abord rêvé, et dorénavant directement éprouvé. Sur place, il découvre une ville sinistrée au passé historique lourd, dont les populations indiennes autochtones vivent dans les pires conditions qui soient. L’anecdotique périple du narrateur va alors peu à peu se teinter de gravité, se transformer. La fuite dérisoire prend un autre tour, une autre épaisseur.

Churchill, Manitoba est le deuxième livre d'Anthony Poiraudeau publié chez Inculte après Projet El Pocero (2013).

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Le 11 juin 1981, trois cents policiers de la sûreté du Québec débarquent sur la réserve de Restigouche pour s’emparer des filets des Indiens mig’maq. Emeutes, répression et crise d’ampleur : le pays découvre son angle mort.
Une adolescente en révolte disparaît, un agent de la faune démissionne, un vieil Indien sort du bois et une jeune enseignante française découvre l’immensité d’un territoire et toutes ses contradictions. Comme le saumon devenu taqawan remonte la rivière vers son origine, il faut aller à la source…
Histoire de luttes et de pêche, d’amour tout autant que de meurtres et de rêves brisés, Taqawan se nourrit de légendes comme de réalités, du passé et du présent, celui notamment d’un peuple millénaire bafoué dans ses droits.

Avant Taqawan, Eric Plamondon a publié au Quartanier, la trilogie 1984 : Hongrie-Hollywood Express, Mayonnaise, et Pomme S.

Rencontre

Trio pour un monde égaré

Marie Redonnet

Samedi 20 janvier à 18h00

Trio pour un monde égaré est le troisième livre de Marie Redonnet publié aux éditions du Tripode, après La femme au colt 45 (2016-2018) et Héritières (2017) qui regroupait en un seul volume trois romans publiés initialement chez Minuit (Splendid Hôtel, Forever Valley et Rose Mélie Rose).

couverture du livre Trio pour un monde égaré

Willy Chow est un ancien rebelle qui vit dans une bergerie entre la mer et les collines. Il tente d’oublier un passé trouble, mais la guerre fait à nouveau rage à la frontière et menace la paix de son domaine...

Le scientifique Douglas Marenko n’est pas Douglas Marenko. Emprisonné dans une cellule d’un nouveau genre après avoir tenté de fuir son pays, on voudrait pour des raisons qu’il ignore lui faire endosser une nouvelle identité. Il résiste jusqu’à ce que ses geoliers lui présentent une femme censée être son épouse, et qu’il sait avoir connue...

Tate Combo a elle aussi quitté son pays, après une prophétie de son père qui prédisait la destruction de son village. Elle vit désormais dans la mégapole Low Fow, où un photographe en vogue a décidé d’en faire, à force d’opérations chirurgicales, l’incarnation d’une déesse qu’il vénère. Le jour où elle décide de rompre cette métamorphose imposée, des avions s’écrasent sur les tours de la ville...

Atelier d'écriture

Les temps du récit

janvier-mars 2018

La plume et l'image saison 17-18 / cylcle 3

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Où l’on fera la différence entre le temps du récit (le temps qui raconte) et le temps de l’histoire (le temps qui est raconté). Où l’on parlera rythme, accélérations, ralentissements, ellipses, analepses, prolepses, mots précis pour procédés précis. Où l’on parlera aussi de conjugaisons, ou temps verbaux, de leurs usages narratifs. Notions essentielles à aborder sans prise de tête.
Le temps entre deux séances pourra être mis à profit pour retravailler ses textes sur la base des retours de l’animateur et des participants.
Avec Marcel Proust bien sûr, mais aussi et surtout avec les contemporains : Alan Moore (Jérusalem), Tanguy Viel (Article 353 du Code pénal), Bernard Koest (J’aurais temps aimé !) et Roberto Bolaño (2666).
Un cycle de la série des fondamentaux, après La notion de narrateur, La nouvelle, Les fragments ou Le récit familial.

Atelier mené par Jean-Paul Garagnon.

Dates & horaires : 09/01 - 23/01 - 06/02 - 20/02 - 20/03 – de 18h30 à 20h30.
Rens. et inscriptions : laplumeetlimage@yahoo.fr / Tél. : 06.10.69.15.92 - Librairie histoire de l’œil / Tél.: 04.91.48.29.92

Tarif : 50 € (+ l’adhésion annuelle obligatoire 10€).

Atelier d'écriture

Poésies, souffles, impressions

janvier-mars 2018

La plume et l'image saison 17-18 / cylcle 4

 

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Un cycle de cinq ateliers pour entrer en poésie comme on reprend son souffle... Etre à l'écoute du rythme, des pauses et des silences. Partir en poésie, comme on part en randonnée. Perdre la carte. S'aventurer avec ceux qui ont cherché avant nous ce qui passe dans le poème, une parole aérienne et passagère, un souffle, un être au monde...  Avec les textes de Marina Tsvetaïeva, Eugène Guillevic, Philippe Jaccottet, Antoine Emaz, Louise Warren...

Atelier mené par Sophie Trividic.

Dates & horaires : 16/01 - 30/01 - 14/02 - 13/03 - 27/03 – de 18h30 à 20h30.
Rens. et inscriptions : laplumeetlimage@yahoo.fr / Tél. : 06.672.873.41 - Librairie histoire de l’œil / Tél.: 04.91.48.29.92

Tarif : 50 € (+ l’adhésion annuelle obligatoire 10€).

 

 

 

Partenariat

Tënk

Plateforme de cinéma documentaire

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Heureux partenaire depuis plusieurs années des États généraux du film documentaire, l'Histoire de l'œil propose en cette fin d'année de se faire le relais privilégié de Tënk., la plateforme de cinéma documentaire en ligne créée à Lussas et initiée l'an dernier.
Tënk c'est une soixantaine de films documentaires disponibles en permanence sur la plateforme, renouvelés en partie chaque semaine, et disponibles chacun deux mois. Selon une sélection proposée par les programmateurs de Lussas et organisée en "plages" : Histoire & politique, Écoute, Écologie, Festivals, Grands entretiens, Arts, Sciences...

 

Coups de cœur

Taqawan - Éric Plamondon
Taqawan
Éric Plamondon
Quidam

Dynamique et foisonnant, tour à tour drôle, concerné et sombre, Taqawan est notre gros coup de cœur de ce début d’année.

Taqawan, comme le nom amérindien du saumon, celui qui remonte le courant pour revenir aux sources, aux origines. C’est dans un certain sens ce que continue de faire Éric Plamondon dans son œuvre toujours aussi réjouissante.

Les faits de départ sont bien réels et quelques peu oubliés : un fort mouvement de contestation de la communauté Mig’maq au moment où, leur quota de pêche se voit être très sérieusement attaqué, et par là même, cette population fortement mise en danger. Avec cet événement de 1981, ce sont des décennies, des siècles, d’interventions peu glorieuses de l’homme blanc sur le territoire indien nord américain qui ressurgissent.

Ce roman protéiforme mêle donc la grande histoire, celle des sources de ce pays où se rejoignent les intérêts politiques d’hier et d’aujourd’hui, avec la petite, celle d’un groupe de personnages symbolisant à merveille la mixité culturelle de ce Québec, et qui vont directement subir l’impact de ces événements violents, portant ainsi Taqawan, par endroits, aux portes du roman noir.

Par endroits seulement, car Plamondon n’oublie surtout pas de dérouler son style si particulier, parrainé pour notre plus grande joie par le grand Brautigan, fait de courts chapitres alternant les grands enjeux et les petits destins, le tout lié avec la sauce des détails savoureux et populaires d’une culture aux origines multiples qu’il ne faut surtout pas oublier, au moment où tout semble séparer les hommes.

La conquête des îles de la Terre Ferme - Alexis Jenni
La conquête des îles de la Terre Ferme
Alexis Jenni
Gallimard

Il est des épisodes majeurs de l’histoire qui, bien que très documentés, bien que maintes fois interprétés, étudiés et adaptés, gardent néanmoins leur part de mystère. Et il est des rendez-vous que la littérature de roman se fixe avec la discipline historique pour apporter sa pierre à l’édifice. D’abord parce que ce mystère laisse la place à l’imagination, à la fiction et ensuite parce que ce genre d’épisodes, si extraordinaires et si fondateurs ne pourront que très rarement être dépassés en intensité en enjeux et en narration. C’est donc un défi auquel s’attaque Alexis Jenni. Et il s’y emploie fort bien.

Hernan Cortés a réussi à conquérir le grand empire Mexicas de Montezuma.Une entreprise délirante démarrée à Cuba en 1519.Cuba où Cortes s’émancipe du gouverneur local pour réunir tout ce qui se fait de « conquistadors », aventuriers en tout genre, échoués sur les côtes des « Indes » nouvelles pour diverses raisons.

À partir de ce moment, l’avancée de ces 500 est inéluctable. Une poste forgée à la négociation, à l’art de la séduction, à la faculté de Cortés à utiliser les inimitiés locales et à l’espoir d’une fortune colossale. Une piste largement marquée du sang et de la violence, le plus souvent celui des Indiens, manipulés et volontiers sacrifiés.

Cette épopée nous est contée par Juan de Luna, dit « Innocent ». Un jeune clerc défroqué et banni d’Espagne qui deviendra le confident de Cortés.

À travers sa voix, c’est toute notre fascination pour cette aventure que nous découvrons. Ainsi que le constat de vanité que nous pouvons faire à son épilogue.

Le roman de Jenni, très documenté est sans concessions pour ces deux sociétés qui s’opposent ici. Sans jugement non plus, sinon celui des personnages sur eux-mêmes. Il réussit à compiler un récit historique très réaliste, un roman picaresque passionnant et une réflexion aboutie sur les faits que nous avons aujourd’hui à comprendre comme fondateurs, bien que lointains, de nos sociétés.

Jeu blanc - Richard Wagamese
Jeu blanc
Richard Wagamese
Zoé

Si la littérature peut faire voyager, si elle la faculté de déplacer le curseur de nos habitudes et d’élargir ainsi notre monde connu, si en plus elle a celle d’exorciser et d’évoquer la contre histoire, celle exclue des manuels, alors Richard Wagamese, avec Jeu blanc, y contribue indéniablement en proposant ce roman qu’il est impossible de lâcher.
Jeu blanc avance de pleins pieds dans la culture, les mythes et traditions des « natives » ojibwés, dans ce territoire immense et intense, froid et sauvage du nord canadien, que nous parcourons à grandes glissades et dans l’histoire terrible de l’assimilation-disparition organisée des coutumes locales.
Saul Indian Horse porte en lui une histoire tragique qu’il se doit de raconter. Il se le doit à lui-même d’abord, pour enfin sortir de cet état de fuite en avant violente qui l’habite depuis son entrée trop précoce dans l’âge adulte. Lui qui fut préservé dans l’enfance par sa grand-mère jusqu’à son dernier souffle lui transmettant les légendes et pratiques ojibwés. Lui qui fut comme tant d’autres indiens internés de force dans un orphelinat catholique où les violences psychologiques et corporelles étaient sensées vous faire rencontrer Dieu et effacer en vous toute indianité. Lui qui fut momentanément sauvé par le hockey sur glace dont il apprendra les plus belles subtilités avant de découvrir que même dans ce jeu où il excelle, il n’est qu’indien au milieu des blancs. Lui qui tombera progressivement dans l’alcoolisme dur, addiction de plus en plus répandue chez les autochtones.
Et il le doit aussi à tant d’autres, de raconter. Comment il souhaite trouver, lui l’indien, sa place dans ce monde. Et c’est à travers la plume de Richard Wagamese qu’il le fait, à travers la force que celui-ci trouve pour transmettre ce parcours qui démonte pas mal d’idées reçues sur un pays, en même temps qu’il en dévoile la beauté et les sources, et à travers la beauté d’une langue dirigée par de multiples esprits.

Joseph Mitchell -
Joseph Mitchell
Diaphane / 33 Morceaux / Sous-sol

La vie de Joseph Mitchell fait l'objet d'un nouveau livre aux éditions du sous-sol : L'homme au portrait. On y découvre le parcours de l'homme, la matière de sa littérature et l'on tente de résoudre l'énigme qui l'entoure. Joseph Mitchell ne publiera jamais de roman, ce Graal qu'il recherchera pourtant longtemps. Mais un certain nombre de livres oui. Et l'on ne s'en plaindra pas tant sa littérature nous y éclabousse à tout niveau.

Joseph Mitchell (1908-1996) fut journaliste et porta le reportage au rang d'oeuvre d'art. Ces fameuses chroniques ont fait l'objet de plusieurs publications aux USA et sont récemment traduites en français. Le dernier, Le fond du port (éditions du sous-sol). Initialement écrits dans le New Yorker, ces récits nous plongent dans l'activité portuaire de New York dans les 1940’s et 1950's. Mitchell parvient à nous y poser littéralement. Arpenteur infatigable de ce territoire, il nous donne à voir ses recoins, ses odeurs, ses travailleurs, ses ambiances, ses restaurants et ses personnages. Si ces reportages sont si passionnants, c'est qu'ils sont très écrits, très construits, le fruit d'une étude minutieuse et d'une soif de rencontre. C'est aussi car il sait où il nous emmène, il connaît ces lieux et leur histoire par cœur. Le marché aux poissons n'a plus de secret pour lui, pas plus que les différentes pêches de la baie. Et puis Mitchell, comme pour mieux nous conduire au hasard des étals et des rues, pratique parfaitement la sérendipité du flâneur. Comment par exemple sa passion des fleurs sauvages le mène au cimetière du quartier de Rossville et à la rencontre de la mémoire de cette communauté de pêcheurs noirs de Staten Island installée au XIXe, le très sage Mr Hunter.

Aucune star dans les reportages de Joseph Mitchell. Pas de bling bling. Au contraire, c'est le quotidien qu'il sublime, ce sont ces petites histoires qu'il rend extraordinaires. Et c'est ce qui fait littérature. Sous sa plume, les habitants de New York sur lesquels ses yeux se posent deviennent personnages de romans et les endroits visités de magnifiques décors d'un autre temps. Le superbe volume publié en 2016 chez Diaphane, Le merveilleux Saloon de McSorley est, en ce sens, par la somme des récits proposés, une parfaite photographie de la ville dans les années 1930’s – 1950’s. Une représentation précise de la diversité qu'elle représentait, depuis ce saloon irlandais qui donne le titre au recueil, jusqu’aux pique-niques de la communauté de Trinité et de ces chanteurs de Calypso (Houdini!) en passant par le « musée » du Capitaine Charley et ses momies égyptiennes sur lesquelles on s'assoie pour discuter. Le merveilleux saloon... est un livre de contes que l'on peut picorer chaque soir, comme pour rêver à une nouvelle histoire. Un voyage dans le temps celui des rues de New York entre 1938 et 1955, celui de sa mixité, de sa diversité de pratiques, d'une cohabitation difficile mais réelle.

Après la restitution, par ces récits, de sa grande soif de rencontres, Joseph Mitchell est resté presque 30 ans sans, apparemment, ne rien écrire. Cherchant inlassablement la formule d'une autre forme. Du roman peut-être. 4 textes écrits à cette période sont cependant connus. 4 textes dont la prose poétique remarquable tranche avec les chroniques. 4 textes que les éditions 33 morceaux ont publié en 2016 : Street Life.

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