Fêtes de fin d'année
Ouvert tous les jours jusqu'au 24/12
Bienvenue à la librairie Galerie Histoire de L'Oeil
Atelier jeunesse
Samedi 18 novembre à 15h00
Revue 12°5
Samedi 14 octobre à 11h00
Berlin avant la techno
Vendredi 13 octobre à 19h00
Éditions Inculte
Samedi 7 octobre à 18h00
Mika Biermann
Vendredi 22 septembre à 19h00
Préavis de Désordre Urbain
Mardi 19 septembre à 19h00
William Boyle
Jeudi 21 septembre à 19h00
Contre Pied
Vendredi 15 septembre à 19h00

Actualités, rencontres, événements

Histoire de l'œil,

Librairie à Marseille

vous propose

Fêtes de fin d'année

Ouverture non-stop

jusqu'au 24 décembre

de 10h00 à 19h00

 1 personne, sourit, plein air et eau

Du 5 au 24 décembre, la librairie est ouverte tous les jours en continu de 10h à 19h (y compris dimanche et lundi, oui, oui !) !
N'hésitez pas à venir nous solliciter pour des conseils, recherches, commandes... Vous pourrez, en prime, repartir avec l'un de nos légendaires paquets cadeaux !

Librairie transformée

Photo, Ciné, Art, Jeunesse, Polar...

Nos rayons s'étalent

 personnes assises

 1 personne, intérieur

 personnes assises et intérieur

Coups de cœur

La conquête des îles de la Terre Ferme - Alexis Jenni
La conquête des îles de la Terre Ferme
Alexis Jenni
Gallimard

Il est des épisodes majeurs de l’histoire qui, bien que très documentés, bien que maintes fois interprétés, étudiés et adaptés, gardent néanmoins leur part de mystère. Et il est des rendez-vous que la littérature de roman se fixe avec la discipline historique pour apporter sa pierre à l’édifice. D’abord parce que ce mystère laisse la place à l’imagination, à la fiction et ensuite parce que ce genre d’épisodes, si extraordinaires et si fondateurs ne pourront que très rarement être dépassés en intensité en enjeux et en narration. C’est donc un défi auquel s’attaque Alexis Jenni. Et il s’y emploie fort bien.

Hernan Cortés a réussi à conquérir le grand empire Mexicas de Montezuma.Une entreprise délirante démarrée à Cuba en 1519.Cuba où Cortes s’émancipe du gouverneur local pour réunir tout ce qui se fait de « conquistadors », aventuriers en tout genre, échoués sur les côtes des « Indes » nouvelles pour diverses raisons.

À partir de ce moment, l’avancée de ces 500 est inéluctable. Une poste forgée à la négociation, à l’art de la séduction, à la faculté de Cortés à utiliser les inimitiés locales et à l’espoir d’une fortune colossale. Une piste largement marquée du sang et de la violence, le plus souvent celui des Indiens, manipulés et volontiers sacrifiés.

Cette épopée nous est contée par Juan de Luna, dit « Innocent ». Un jeune clerc défroqué et banni d’Espagne qui deviendra le confident de Cortés.

À travers sa voix, c’est toute notre fascination pour cette aventure que nous découvrons. Ainsi que le constat de vanité que nous pouvons faire à son épilogue.

Le roman de Jenni, très documenté est sans concessions pour ces deux sociétés qui s’opposent ici. Sans jugement non plus, sinon celui des personnages sur eux-mêmes. Il réussit à compiler un récit historique très réaliste, un roman picaresque passionnant et une réflexion aboutie sur les faits que nous avons aujourd’hui à comprendre comme fondateurs, bien que lointains, de nos sociétés.

Jeu blanc - Richard Wagamese
Jeu blanc
Richard Wagamese
Zoé

Si la littérature peut faire voyager, si elle la faculté de déplacer le curseur de nos habitudes et d’élargir ainsi notre monde connu, si en plus elle a celle d’exorciser et d’évoquer la contre histoire, celle exclue des manuels, alors Richard Wagamese, avec Jeu blanc, y contribue indéniablement en proposant ce roman qu’il est impossible de lâcher.
Jeu blanc avance de pleins pieds dans la culture, les mythes et traditions des « natives » ojibwés, dans ce territoire immense et intense, froid et sauvage du nord canadien, que nous parcourons à grandes glissades et dans l’histoire terrible de l’assimilation-disparition organisée des coutumes locales.
Saul Indian Horse porte en lui une histoire tragique qu’il se doit de raconter. Il se le doit à lui-même d’abord, pour enfin sortir de cet état de fuite en avant violente qui l’habite depuis son entrée trop précoce dans l’âge adulte. Lui qui fut préservé dans l’enfance par sa grand-mère jusqu’à son dernier souffle lui transmettant les légendes et pratiques ojibwés. Lui qui fut comme tant d’autres indiens internés de force dans un orphelinat catholique où les violences psychologiques et corporelles étaient sensées vous faire rencontrer Dieu et effacer en vous toute indianité. Lui qui fut momentanément sauvé par le hockey sur glace dont il apprendra les plus belles subtilités avant de découvrir que même dans ce jeu où il excelle, il n’est qu’indien au milieu des blancs. Lui qui tombera progressivement dans l’alcoolisme dur, addiction de plus en plus répandue chez les autochtones.
Et il le doit aussi à tant d’autres, de raconter. Comment il souhaite trouver, lui l’indien, sa place dans ce monde. Et c’est à travers la plume de Richard Wagamese qu’il le fait, à travers la force que celui-ci trouve pour transmettre ce parcours qui démonte pas mal d’idées reçues sur un pays, en même temps qu’il en dévoile la beauté et les sources, et à travers la beauté d’une langue dirigée par de multiples esprits.

Joseph Mitchell -
Joseph Mitchell
Diaphane / 33 Morceaux / Sous-sol

La vie de Joseph Mitchell fait l'objet d'un nouveau livre aux éditions du sous-sol : L'homme au portrait. On y découvre le parcours de l'homme, la matière de sa littérature et l'on tente de résoudre l'énigme qui l'entoure. Joseph Mitchell ne publiera jamais de roman, ce Graal qu'il recherchera pourtant longtemps. Mais un certain nombre de livres oui. Et l'on ne s'en plaindra pas tant sa littérature nous y éclabousse à tout niveau.

Joseph Mitchell (1908-1996) fut journaliste et porta le reportage au rang d'oeuvre d'art. Ces fameuses chroniques ont fait l'objet de plusieurs publications aux USA et sont récemment traduites en français. Le dernier, Le fond du port (éditions du sous-sol). Initialement écrits dans le New Yorker, ces récits nous plongent dans l'activité portuaire de New York dans les 1940’s et 1950's. Mitchell parvient à nous y poser littéralement. Arpenteur infatigable de ce territoire, il nous donne à voir ses recoins, ses odeurs, ses travailleurs, ses ambiances, ses restaurants et ses personnages. Si ces reportages sont si passionnants, c'est qu'ils sont très écrits, très construits, le fruit d'une étude minutieuse et d'une soif de rencontre. C'est aussi car il sait où il nous emmène, il connaît ces lieux et leur histoire par cœur. Le marché aux poissons n'a plus de secret pour lui, pas plus que les différentes pêches de la baie. Et puis Mitchell, comme pour mieux nous conduire au hasard des étals et des rues, pratique parfaitement la sérendipité du flâneur. Comment par exemple sa passion des fleurs sauvages le mène au cimetière du quartier de Rossville et à la rencontre de la mémoire de cette communauté de pêcheurs noirs de Staten Island installée au XIXe, le très sage Mr Hunter.

Aucune star dans les reportages de Joseph Mitchell. Pas de bling bling. Au contraire, c'est le quotidien qu'il sublime, ce sont ces petites histoires qu'il rend extraordinaires. Et c'est ce qui fait littérature. Sous sa plume, les habitants de New York sur lesquels ses yeux se posent deviennent personnages de romans et les endroits visités de magnifiques décors d'un autre temps. Le superbe volume publié en 2016 chez Diaphane, Le merveilleux Saloon de McSorley est, en ce sens, par la somme des récits proposés, une parfaite photographie de la ville dans les années 1930’s – 1950’s. Une représentation précise de la diversité qu'elle représentait, depuis ce saloon irlandais qui donne le titre au recueil, jusqu’aux pique-niques de la communauté de Trinité et de ces chanteurs de Calypso (Houdini!) en passant par le « musée » du Capitaine Charley et ses momies égyptiennes sur lesquelles on s'assoie pour discuter. Le merveilleux saloon... est un livre de contes que l'on peut picorer chaque soir, comme pour rêver à une nouvelle histoire. Un voyage dans le temps celui des rues de New York entre 1938 et 1955, celui de sa mixité, de sa diversité de pratiques, d'une cohabitation difficile mais réelle.

Après la restitution, par ces récits, de sa grande soif de rencontres, Joseph Mitchell est resté presque 30 ans sans, apparemment, ne rien écrire. Cherchant inlassablement la formule d'une autre forme. Du roman peut-être. 4 textes écrits à cette période sont cependant connus. 4 textes dont la prose poétique remarquable tranche avec les chroniques. 4 textes que les éditions 33 morceaux ont publié en 2016 : Street Life.

Churchill, Manitoba - Anthony Poiraudeau
Churchill, Manitoba
Anthony Poiraudeau
Inculte

C’est en faisant l’acquisition d’une carte Vidal Lablache, celle de l’Amérique du Nord, qu’Anthony Poiraudeau se trouve hypnotisé par un point y étant marqué : la ville de Churchill, tout au nord de l’état canadien du Manitoba, au bord de la baie d’Hudson. Le point d’entrée de contrées sauvages et extrêmes et des rêveries et projections les plus profondes sur la possibilité du voyage ultime, de l’isolement choisi, de la confrontation à l’espace et de l’expérience intime.

Cette hypnose ne vient pas de nulle part tant Anthony Poiraudeau nous exprime sa passion première pour les cartes et sa faculté de jeunesse à effectuer les voyages les plus aboutis en parcourant les atlas. Elle vient aussi de sa passion pour la lecture, autre source de déplacements infinis, contractée dès l’enfance. Gracq, Faulkner ou encore Vernes sont donc régulièrement convoqués dans Churchill, Manitoba qui se trouve être finalement le récit du passage à l’acte : la confrontation de l’auteur au voyage réel, avec pour bagage sa bibliothèque mentale et ses grands « maîtres » et la volonté d’écrire sa propre expérience psycho géographique.

Churchill, Manitoba c’est enfin la prise de mesure finale entre les ambitions préalables au voyage et la réalité crue d’un espace et de ses contraintes : Que viens-je finalement faire dans ce trou perdu ? Qu’ai-je laissé en souhaitant cet isolement ? Que raconter sur Churchill et qu’est ce que Churchill raconte du monde ? Et pourquoi le faire ?

Anthony Poiraudeau arpente donc cet espace et son histoire, un mois durant. Il compile, documente et raconte, avec sensibilité et une érudition toute pudique, son bout du/de monde, en un véritable labyrinthe d’écriture et de maîtrise, dans lequel il ne nous laisse surtout pas nous perdre.

Passionnant et lié à tellement de ressorts que l’on pourrait en parler encore des heures.

Tous nos coups de cœur

L'Histoire de l'œil est spécialisée
dans les formes contemporaines

Infos pratiques

Horaires

du mardi au samedi
de 10h à 19h

Galerie

www.galerieho.com

Café / Wifi

Coordonnées

Histoire de l'oeil
25, rue Fontange
13006 Marseille
04 91 48 29 92
contact[at]histoiredeloeil[dot]com