FID Marseille 2018
du 10 au 16 juillet
Bienvenue à la librairie Galerie Histoire de L'Oeil
Nathalie Quintane
Vendredi 1er juin à 19h30
BRY - Philippe Murphy
Vernissage le 10 mai à 19h00
Pascale Moutte-Baur
Samedi 9 juin à 19h30
François Beaune
Vendredi 15 juin à 19h00
Oh les Beaux Jours
du 22 au 27 mai
Images Singulières - Sète
Du 8 au 13 mai
Thomas Rosenlöcher
Mercredi 18 avril à 19h00
Marielle Macé
Jeudi 5 avril à 19h30
Biennale des Écritures du Réel
du 17 mars au 13 avril
Claire Lebourg
Mercredi 4 avril à 16h00
Poiraudeau / Plamondon
Vendredi 19 janvier à 19h00
Marie Redonnet
Samedi 20 janvier à 18h00

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FID Marseille 2018

du 10 au 16 juillet

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Comme chaque année la librairie est partenaire du FID Marseille. Retrouvez notre librairie cinéma à la Villa Méditerranée pendant toute la durée du festival, jusqu'au lundi 16 juillet.

Compétitions internationale et française, écrans parallèles découvrez toute la programmation du FID ici.

 

 

Coups de cœur

Visions Of Warhol - (DVD)
Visions Of Warhol
(DVD)
Re:Voir

Des scènes de la vie d’Andy Warhol, vues par trois cinéastes, pionniers de l’avant-garde et amis proches de l’artiste pop.
Jonas Mekas, la force irrépressible derrière la promotion et la conservation du film expérimental, est également connu pour ses rapides journaux filmés. Dans Award Presentation, Warhol reçoit le prix Film Culture du cinéma indépendant. Ses Scenes from the Life enregistrent non seulement Andy Warhol, mais aussi l'excitation sociale et culturelle qui tourbillonnait autour de lui, palpitant aux rythmes hypnotiques du Velvet Underground.
Willard Maas était le mari de la cinéaste, peintre et actrice Marie Menken. Ensemble, ils étaient, pour Warhol, « les derniers grands bohémiens ». Leurs films ont en commun une légèreté lyrique et un amour pour des rythmes visuels forts.

Isabelle Huppert, vivre ne nous regarde pas - Murielle Joudet
Isabelle Huppert, vivre ne nous regarde pas
Murielle Joudet
Capricci

C’est l’histoire d’une actrice qui a toujours témoigné d’un goût prononcé pour le désastre et la catastrophe. Pour les héroïnes qu’elle incarne, cette catastrophe emprunte plusieurs noms : mari, enfant, France, amour, famille, réalité. Leurs moyens d’y répondre s’appellent masochisme, rêve, travail, perversion, poison, sévérité, humour, absence, folie. Violette Nozière, Madame Bovary, La Pianiste ou encore Elle : à travers ses plus grands rôles, Isabelle Huppert n’a cessé de livrer une bataille fictionnelle aux versions étriquées de la vie et de la féminité pour leur préférer la quête d’un idéal impossible, l’élan tragique et une forme salvatrice de monstruosité. À l’image d’un bonheur trop conventionnel, elle a toujours su opposer ce que l’on a appelé sa « plénitude malheureuse ».

Un Jardin de sable - Earl Thompson
Un Jardin de sable
Earl Thompson
Monsieur Toussaint Louverture

Il fallait bien une histoire de cette force, visiblement en partie celle d’Earl Thompson lui-même, pour évoquer ce que furent les USA de ces années-là. Et il fallait nécessairement une galerie de personnages excellents pour entourer les quinze premières années de Jack MacDeramid, et pour amener le livre à autant de violence et de beauté en même temps.
Ce jardin de sable est assurément un roman d’initiation : dépossédés de leur ferme, les grands parents du petits Jackie vont tant bien que mal tenter de le faire grandir. Un grand père à la dent très dure envers la politique de Roosevelt devant laquelle il n’a pas voulu se coucher et une grand-mère très pieuse mais dure à cuire à sa manière seront ses premiers référents. Trimbalés de logements en logements, toujours plus petits, bercés par les discours politique de comptoir, néanmoins saisissant de bon sens, et les ambiances de diverses cantines, hôtels ou autres petits boulots que ses « anciens » écumeront pour subvenir aux besoins primaires, le petit se construira une personnalité et une obsession, celle de la découverte du sexe opposé, et conjointement celle de vivre enfin des années heureuses et riches avec sa mère, trop rarement de passage.
Cet espoir semble enfin se concrétiser lorsqu’elle décide à l’emmener avec elle : quitter cet ennuyeux Kansas pour les états du sud, où une situation, promise par le nouvel époux les attends. Mais il n’y trouvera qu’un beau père aussi alcoolique que roublard, que succession d’arnaques et de fuites, que frustration finalement. Au milieux de tout ça, Jackie se débrouille et expérimente, au fur et à mesure que son obsession initiale grandit.
Earl Thompson fait de cette histoire un grand livre. Parce qu’il sait jongler d’un registre à l’autre. Entre les pages où il saisit parfaitement le langage populaire du milieu où il nous fait évoluer et celles où il sait faire ressortir toute une sorte de poésie des choses. Entre des moments d’une drôlerie parfaite et ceux d’une violence inouïe. Il arrive enfin à trouver son équilibre sur ce fil lorsqu’il sait être très dérangeant, notamment en étant parfois sensuel là où on ne l’entendrait pas, sans jamais véritablement risquer de tomber.
Grâce à tout cela, grâce à ce grand livre tiré de cette histoire, il réussit en définitive, à faire d’un décors (les USA lors de la grande dépression, ce que cette période, cette politique en particulier, a fait subir aux gens les plus vulnérables, ce qu’elle a réussit à les faire devenir) le principal personnage. Par le fait qu’il ait formidablement réussi à en dessiner les atours, il fait de ce livre un livre colossal.

Cette putain si distinguée - Juan Marsé
Cette putain si distinguée
Juan Marsé
Christian Bourgois

Il n’est jamais trop tard pour découvrir Juan Marsé car c’est probablement une des plus belles plumes de langue espagnole aujourd’hui. Pour notre part, c’est cette année que cela se passe avec Cette putain si distinguée et cela donne immédiatement envie de se plonger dans les quelques 15 romans précédents.
Ce roman est un meuble à tiroirs qui parfois communiquent entre eux. Le romancier, possible Juan Marsé lui-même, campe le décors dans une vraie-fausse interview, piquant incipit. Il s’agira pour lui de travailler pour une production cinématographique à l’écriture d’un scénario retraçant l’histoire du meurtre par un projectionniste, d’une prostituée, dans la cabine d’un cinéma de quartier. Le coupable est bien connu car ses aveux ont été signés. Seul problème, irrésolu encore aujourd’hui, bien des années après sa libération, il ne se souvient pas du moindre détail l’ayant amené à un tel geste. Curieuse histoire donc, qui va meler les codes du polar et ceux de l’Histoire puisque gravitent autour d’eux quelques personnages de la résistance au franquisme naissant.
Peu convaincu par ce projet de film, dont les contours et l’intérêt lui semblent bien flous, l’auteur va parallèlement continuer d’écrire pour lui même et nous convier ainsi à sa profonde réflexion sur l’essence du langage.
Mais c’est bel et bien globalement de mémoire dont il s’agit. Quand ce meurtrier qui se présente à lui connaît toujours autant de difficultés à se remémorer ces événements, c’est également l’Espagne post-franquiste qui est évoquée, celle-là même dont la mémoire est volontairement partielle, guidée par ce désir d’oublier et d’avancer.
Juan Marsé est magistral dans sa faculté à imbriquer les différentes époques et les différents niveaux de lecture pour mieux nous donner à entendre ce qu’il n’écrit pas directement, pour nous parler d’écrire, de voir et à faire avec Cette putain si distinguée qu’est la mémoire.

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