BRY - Philippe Murphy
Vernissage le 10 mai à 19h00
Nathalie Quintane
Vendredi 1er juin à 19h00
Bienvenue à la librairie Galerie Histoire de L'Oeil
Images Singulières - Sète
Du 8 au 13 mai
Thomas Rosenlöcher
Mercredi 18 avril à 19h00
Marielle Macé
Jeudi 5 avril à 19h30
Biennale des Écritures du Réel
du 17 mars au 13 avril
Claire Lebourg
Mercredi 4 avril à 16h00
Poiraudeau / Plamondon
Vendredi 19 janvier à 19h00
Marie Redonnet
Samedi 20 janvier à 18h00

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Exposition

Philippe Murphy - BRY

Printemps de l'art contemporain

Vernissage le jeudi 10 mai à 19h00

Exposition jusqu'au 26 mai

bry-chocolatesweb

Une exposition programmée par la Galerie HO, dans le cadre du PAC 2018 (Printemps de l'art contemporain).

Pour son Soloshow à la galerie HO, Philippe Murphy souhaite franchir un pas supplémentaire dans sa vision et sa pratique artistique en proposant une œuvre performative globale. Entre fiction et réalité.  Il propose de transformer l’espace intérieur et extérieur en un café-chocolaterie dans lequel il travaillerait tous les jours. Il souhaite expérimenter et partager l’idée de gesamstkunstwerk qui pour lui révèle la condition de l’artiste et de sa place dans la société. Autant artiste performeur que technicien spécialisé, serveur, animateur social, etc…. Il prépare d’ailleurs cette exposition en prenant des cours intensifs de pâtisserie pour pouvoir les fabriquer et les servir sur place. L’ensemble de l’espace, du mobilier aux accessoires seront influencés par le l’école du Bauhaus dont on fêtera les 100 ans d’ouverture.

La particularité de la performance de Philippe Murphy repose sur la durée. Elle impose en effet sa présence pendant toute la durée de l’exposition puisqu’il va lui-même accueillir et proposer ses pâtisseries comme œuvre à déguster. Son personnage lui-même faisant partie de la performance. Il travaillera pour partie en atelier et pour partie dans l’espace de la galerie.

Lecture-Rencontre

Nathalie Quintane

Ultra-Proust

Vendredi 1er juin à 19h00

Prenons trois monuments : Proust, Baudelaire, Nerval. Et prenons, dans ces trois monuments, le plus parfaitement monumental et délicat : Marcel Proust. Essayons de comprendre comment cette admiration, sous couvert de nous donner Proust, dans un même mouvement nous le retire, nous en prive. Voyons comment et pourquoi Proust, en son temps, dans Contre Sainte-Beuve, régla violemment leur compte à ceux qui désamorçaient Baudelaire et Nerval. Voyons ainsi comment réamorcer la littérature et rendre poétiquement indissociables excitation sensible et excitation politique.

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Nathalie Quintane a publié des livres critiques et poétiques,  souvent sans indication générique et notamment chez P.O.L (Tomates - 2010, Que faire des classes moyennes - 2016). Elle a codirigé l'ouvrage collectif L'art et l'argent (éditions Amsterdam - 2017).  Après Toi aussi tu as des armes (2011) et Les années 10 (2014), Ultra-Proust est sa troisième collaboration avec les éditions La Fabrique.

 

Coups de cœur

Un Jardin de sable - Earl Thompson
Un Jardin de sable
Earl Thompson
Monsieur Toussaint Louverture

Il fallait bien une histoire de cette force, visiblement en partie celle d’Earl Thompson lui-même, pour évoquer ce que furent les USA de ces années-là. Et il fallait nécessairement une galerie de personnages excellents pour entourer les quinze premières années de Jack MacDeramid, et pour amener le livre à autant de violence et de beauté en même temps.
Ce jardin de sable est assurément un roman d’initiation : dépossédés de leur ferme, les grands parents du petits Jackie vont tant bien que mal tenter de le faire grandir. Un grand père à la dent très dure envers la politique de Roosevelt devant laquelle il n’a pas voulu se coucher et une grand-mère très pieuse mais dure à cuire à sa manière seront ses premiers référents. Trimbalés de logements en logements, toujours plus petits, bercés par les discours politique de comptoir, néanmoins saisissant de bon sens, et les ambiances de diverses cantines, hôtels ou autres petits boulots que ses « anciens » écumeront pour subvenir aux besoins primaires, le petit se construira une personnalité et une obsession, celle de la découverte du sexe opposé, et conjointement celle de vivre enfin des années heureuses et riches avec sa mère, trop rarement de passage.
Cet espoir semble enfin se concrétiser lorsqu’elle décide à l’emmener avec elle : quitter cet ennuyeux Kansas pour les états du sud, où une situation, promise par le nouvel époux les attends. Mais il n’y trouvera qu’un beau père aussi alcoolique que roublard, que succession d’arnaques et de fuites, que frustration finalement. Au milieux de tout ça, Jackie se débrouille et expérimente, au fur et à mesure que son obsession initiale grandit.
Earl Thompson fait de cette histoire un grand livre. Parce qu’il sait jongler d’un registre à l’autre. Entre les pages où il saisit parfaitement le langage populaire du milieu où il nous fait évoluer et celles où il sait faire ressortir toute une sorte de poésie des choses. Entre des moments d’une drôlerie parfaite et ceux d’une violence inouïe. Il arrive enfin à trouver son équilibre sur ce fil lorsqu’il sait être très dérangeant, notamment en étant parfois sensuel là où on ne l’entendrait pas, sans jamais véritablement risquer de tomber.
Grâce à tout cela, grâce à ce grand livre tiré de cette histoire, il réussit en définitive, à faire d’un décors (les USA lors de la grande dépression, ce que cette période, cette politique en particulier, a fait subir aux gens les plus vulnérables, ce qu’elle a réussit à les faire devenir) le principal personnage. Par le fait qu’il ait formidablement réussi à en dessiner les atours, il fait de ce livre un livre colossal.

Cette putain si distinguée - Juan Marsé
Cette putain si distinguée
Juan Marsé
Christian Bourgois

Il n’est jamais trop tard pour découvrir Juan Marsé car c’est probablement une des plus belles plumes de langue espagnole aujourd’hui. Pour notre part, c’est cette année que cela se passe avec Cette putain si distinguée et cela donne immédiatement envie de se plonger dans les quelques 15 romans précédents.
Ce roman est un meuble à tiroirs qui parfois communiquent entre eux. Le romancier, possible Juan Marsé lui-même, campe le décors dans une vraie-fausse interview, piquant incipit. Il s’agira pour lui de travailler pour une production cinématographique à l’écriture d’un scénario retraçant l’histoire du meurtre par un projectionniste, d’une prostituée, dans la cabine d’un cinéma de quartier. Le coupable est bien connu car ses aveux ont été signés. Seul problème, irrésolu encore aujourd’hui, bien des années après sa libération, il ne se souvient pas du moindre détail l’ayant amené à un tel geste. Curieuse histoire donc, qui va meler les codes du polar et ceux de l’Histoire puisque gravitent autour d’eux quelques personnages de la résistance au franquisme naissant.
Peu convaincu par ce projet de film, dont les contours et l’intérêt lui semblent bien flous, l’auteur va parallèlement continuer d’écrire pour lui même et nous convier ainsi à sa profonde réflexion sur l’essence du langage.
Mais c’est bel et bien globalement de mémoire dont il s’agit. Quand ce meurtrier qui se présente à lui connaît toujours autant de difficultés à se remémorer ces événements, c’est également l’Espagne post-franquiste qui est évoquée, celle-là même dont la mémoire est volontairement partielle, guidée par ce désir d’oublier et d’avancer.
Juan Marsé est magistral dans sa faculté à imbriquer les différentes époques et les différents niveaux de lecture pour mieux nous donner à entendre ce qu’il n’écrit pas directement, pour nous parler d’écrire, de voir et à faire avec Cette putain si distinguée qu’est la mémoire.

Sidérer, Considérer - Marielle Macé
Sidérer, Considérer
Marielle Macé
Verdier

Extraits d'un commentaire de Jean Klepal à retrouver en intégralité sur son blog epistoles-improbables.over-blog.com

 

Ce  livre n’est petit que par son format de simple carnet et son nombre de pages, seulement 67. Mais quelle force ! [...] Marielle Macé nous confronte avec énergie et détermination à une réflexion d’extrême qualité sur le langage et ses faux semblants. En nous incitant à nous poser la question du Comment plutôt que celle du Pourquoi, la littérature apparait comme l’allié sur lequel s’appuyer pour affronter la vie quotidienne. Nous touchons évidemment là aux conséquences politiques de la pratique de la littérature, puisque l’écriture s’affirme en tant que pensée en mouvement. Comment dire les choses avec justesse, pour les traiter en toute justice ?

À partir d’une réflexion sur un campement de migrants invisibilisé en plein Paris, quai d’Austerlitz, et les conditions de son voisinage avec la Cité de la mode, une discothèque, et une banque de financement et de gestion, des questions émergent. [...]

Viennent ensuite une série de remarques sur ce qui se joue dans ces espaces frontaliers des bords de la ville et de la vie visible, « là où des groupes humains s’abstiennent les uns des autres ». Là où précisément la démocratie achoppe, là où elle ne parvient pas à cette relation de côtoiement qui la fonde : composer avec les autres. [...]

Dans le sillage de Francis Ponge, avec Pierre Bourdieu en appui, Marielle Macé exprime sa rage de l’expression d’une colère ancrée sur l’attention et une vigilance intransigeante éprises de justesse poétique. Pour elle, la colère est une « émotion qui révèle les valeurs et les biens qui nous divisent. » La colère (Ponge, Baudelaire, Hugo, Pasolini...) surgit contre la violence, l’indifférence et toutes les formes de domination qui nourrissent la précarité. Le paragraphe se termine sur l’évocation d’un bateau de migrants dérivant deux semaines durant, identifié, repéré, jamais secouru malgré les signaux émis, à bord duquel soixante-trois personnes ont péri. [...]

Le texte trouve son accomplissement dans un ensemble portant sur les notions de lieux, de bordures, lisières, visibilité et invisibilité, de frontières donc entre ce qui existe et ce qui se tente. La notion de porosité émerge ainsi tout naturellement.

La ballade silencieuse de Jackson C. Frank - Thomas Giraud
La ballade silencieuse de Jackson C. Frank
Thomas Giraud
La Contre allée

Jackson C. Frank fut un contemporain de Dylan. Dur donc de résister au temps. Notons qu’il participa tout de même au grand mouvement de la folk au USA et au Royaume Uni, non sans la ténacité et l’exigence de l’autodidacte.
C’est cette vie que Thomas Giraud déroule. Où comment les événements singuliers de sa biographies ont pu façonner le type, en faire ce que l’on sait ou ce que l’on croit savoir de lui. Cette vie où le drame initial fut à la fois une blessure déterminante et une chance. Cette vie par la suite faite de succès éphémères et d’échecs, d’oisiveté et de passion. Cette vie ou celle qu’elle a pu être car l’on suppose fort bien combien Giraud a pu prendre de libertés avec les éléments de ce parcours, comme pour mieux nous « ballader » justement.
Cette biographie des possibles, donc, est une véritable réussite tant elle se fond parfaitement au rythme, à la poésie et à l’imaginaire d’une musique qui marqua une génération et continue de bercer. Il a souhaité faire de cette vie une chanson folk peut-être. Et cela fonctionne à merveille jusqu’à nous faire dire, à l’inverse exacte de ce que Bolano réussit par exemple avec son Arcimboldi : ce Jackson C. Frank a-t-il réellement existé ?
Nous balader aussi, dans ce que la « réal-fiction » peut nous donner de mieux et de plus sensible : nous faire douter, nous donner à imaginer, à interpréter.
En outre, la ballade silencieuse de Jackson C. Frank parle superbement de musique (fascination pour Elvis, rencontre avec Paul Simon) et cela fait donc une deuxième (ou énième) bonne raison de le lire et d’écouter (ou réécouter) l’unique album existant.

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